Dimanche 24 mai 2009 7 24 /05 /Mai /2009 16:48

 Diplômée de l'ensa Bourges en 2008, je développe une pratique artistique mixte (installation, dessin numérique, peinture, volume, photographie et plus récement, vidéo).

 

   Au travers de mes projets, je questionne les phénomènes constructifs à partir des modifications urbaines, les démolitions/constructions et la mise en coupe réglée de périmètres par des projets immobiliers ou dit de planification urbaine. Les bâtiments HLM, les pavillons ou encore les maisons traditionnelles chinoises ont été le sujet de mon étude.


Mon intéret pour les barres HLM

Depuis quelques temps, mon travail est principalement axé sur les habitations de type HLM des années 60.

Ces bâtiments étaient considérés comme un progrès social qui offrait un confort rare pour l’époque. Aujourd’hui, les tours sont perçues par beaucoup comme des habitations précaires et les cités sont décrites comme des « zones rouges ». De nombreuses villes pratiquent une politique de restructuration urbaine, entraînant une démolition en chaîne des immeubles de cités.

La démolition de ces bâtiments soulèvent en moi une interrogation. Avec eux, c’est tout un pan de vie de familles qui disparaît. Mon travail consiste a garder une mémoire de ces immeubles, et apporter une autre vision des tours.

Une partie du texte que Ramon Tio Bellido a écrit sur l’artiste Lara Almarcegui décrit sa vision des bâtiments de type industriel, cabanes... Je le reprendrai ici car il introduit bien la manière dont je considère les immeubles HLM.

« Ce sont des bâtiments « sans qualités », du moins selon les normes complémentaires de la rentabilité immobilière ou de celle du label de sauvegarde « patrimonial », mais ce sont aussi des bâtiments de « qualité », tant pour ceux qui les ont vus depuis toujours dans leur environnement que pour quelques esthètes ou amateurs curieux qui y repèrent des exemples référentiels d’un vécu qui pourrait se voir utilement recyclé pour abriter d’autres activités que celles, initiales, du commerce, et voir s’instaurer là, par exemple, des lieux de rencontres, de convivialité ou autres passe-temps gratifiants...

Ces constructions, cabanes de jardins ouvriers et bâtiments plus ou moins industriels, ont pourtant quelque chose en commun, irrémédiable et actuel: ils sont tous, ou presque, appelés à être détruits, rayés de toutes les cartes, annihilés. »

Cette notion m’intéresse. En effet, ces bâtiments n’étant pas caractérisés par une architecture « remarquable », ils sont démolis sans qu’il n’en reste aucune trace hormis celle du souvenir.

Mon travail n’est pas militant, je fais juste un constat, une sorte d’état des lieux pendant qu’il en est encore temps.

Par marie giron
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